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Le décor céramique de troisième feu

troisième feu ceramique

Le troisième feu en céramique fait partie de ces notions que nous croisons souvent sans vraiment les maîtriser. On en entend parler à propos de l’or, des décors sur porcelaine, des décalcomanies céramiques ou de certaines peintures de finition. On comprend assez vite qu’il s’agit d’une cuisson supplémentaire, réalisée après la cuisson de l’émail. Mais dans les faits, ce n’est pas toujours très clair. À quel moment faut-il y recourir ? Pour quels types de décors ? Avec quelles matières ? Et surtout, qu’est-ce que cette cuisson change réellement dans le travail céramique ?

Dans cet article, on va voir ce qu’est réellement le troisième feu, à quoi il sert, dans quels cas l’utiliser et quelles techniques il recouvre.

Qu’est-ce que le décor céramique de troisième feu ?

Le décor en troisième feu, c’est tout ce que tu ajoutes après que ta pièce soit déjà terminée. Ta terre est cuite, ton émail est posé et fondu, ta surface est vitrifiée. Tu ne peux plus intervenir comme avant. Tu ne peux plus vraiment modifier la matière. Par contre, tu peux encore travailler les images ou la couleur.

Le troisième feu regroupe l’ensemble des techniques qui permettent de venir déposer un décor sur une pièce déjà émaillée, puis de le fixer par une cuisson basse température. Ce sont des matériaux et des couleurs qui ne supporteraient pas une cuisson à température classique.

Dans la pratique, le décor de troisième feu recouvre plusieurs grandes familles.

  • Tu as les décors précieux comme l’or ou les lustres métalliques, qui viennent se poser en surface et créer des effets brillants ou mats très spécifiques.
  • Tu as les peintures sur émail, souvent utilisées en porcelaine, qui permettent un travail très fin, presque pictural.
  • Et tu as les décalcomanies céramiques, qui permettent de transférer des images, des textes ou des motifs.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces décors ne fusionnent pas avec l’émail comme un décor classique. Ils viennent se fixer en surface, en créant une couche supplémentaire, plus ou moins fine, plus ou moins résistante selon les techniques et les températures utilisées.

Décor de troisième feu ou engobe céramique ?

L’engobe se travaille sur une terre qui doit texture crue ou sur cuir, sur une surface poreuse. L’engobe va s’intégrer à la pièce, sécher avec elle, puis évoluer à la cuisson. C’est pour ça que les effets sont souvent plus doux, plus diffus, avec des transitions, des textures, des réactions entre la terre, l’engobe et parfois l’émail. Mais c’est aussi pour ça que tu dois accepter une part d’incertitude : la couleur finale dépend toujours de la cuisson.

Le décor de troisième feu intervient quand ta pièce est émaillée

Ta pièce est déjà cuite, émaillée, vitrifiée. La surface est fermée. Rien ne pénètre. Tu ne peux plus compter sur la matière pour transformer ton décor. Tu viens déposer quelque chose en surface, puis tu le fixes à basse température. Le résultat est beaucoup plus stable, beaucoup plus prévisible. Les couleurs restent proches de ce que tu poses, les détails peuvent être très fins, et tu peux accéder à des palettes impossibles à haute température : rouges francs, roses, violets, noirs intenses, effets métalliques, or, images.

Avec l’engobe, tu travailles en amont, tu anticipes la cuisson, tu acceptes que le résultat évolue. Avec le troisième feu, tu travailles en aval, dans une logique de finition. Tu ajustes, tu précises, tu viens ajouter une lecture à une pièce déjà figée.

Un décor moins résistant

Un engobe, surtout s’il est recouvert d’un émail, est intégré à la pièce. Il résiste très bien à l’usage, aux lavages, au temps. Le décor de troisième feu, lui, reste en surface. Selon les techniques utilisées, il peut être plus sensible à l’usure, aux frottements ou au lave-vaisselle. Ce n’est pas un défaut, mais c’est une contrainte à intégrer dès la conception.

La composition du troisième feu

Dans ce type de décor, tu retrouves généralement trois éléments principaux : un pigment, un fondant et un liant. Le pigment, c’est ce qui apporte la couleur. C’est lui qui donne au décor son rouge, son noir, son rose, son violet, son brun ou ses nuances métalliques selon les cas. Le liant, lui, sert surtout pendant l’application. Il donne au mélange une consistance exploitable au pinceau, à la plume, à l’aérographe ou selon la technique utilisée. Puis il brûle à la cuisson. Il ne fait pas partie du décor final au sens strict. Une fois passé au four, il disparaît.

Le fondant, c’est ce qui permet à un mélange de commencer à fondre à une température plus basse que s’il en était dépourvu. Dans un émail classique, les fondants servent déjà à rendre possible la vitrification. Sans eux, il faudrait des températures beaucoup trop élevées pour obtenir une surface fondue. En troisième feu, le principe est le même, mais à une température beaucoup plus basse. Il fond légèrement pendant la cuisson et permet au pigment de s’ancrer à la surface de l’émail déjà cuit.

La cuisson de troisième feu

La plage de cuisson en troisième feu se situe entre 650 °C et 850 °C. En pratique, chaque décor a sa vraie zone de cuisson, souvent beaucoup plus resserrée.

Pour l’or, par exemple, on est autour de 720 °C sur faïence et autour de 820 °C sur grès .

Les lustres, eux, se situent souvent encore plus bas. Certains lustres métalliques se cuisent autour de 580 °C à 750 °C. Trop chaud, le lustre peut brûler, perdre ses effets irisés ou devenir terne. Trop bas, il reste insuffisamment développé, sans brillance

Si tu montes trop haut, un décor métallique peut se dégrader, perdre son éclat, voire noircir ou rougir dans le cas de l’or. Si tu restes trop bas, le décor ne se fixe pas correctement, le brillant ne se développe pas et l’accroche reste insuffisante.

La montée consiste à monter autour de 150 °C par heure, puis à prévoir un palier de 10 à 20 minutes en fin de cuisson .

Les 3 grandes catégories de décor de troisème feu

L’or : un décor de troisième feu précieux

C’est un décor métallique, avec ses propres contraintes, car il est délicat et il coûte cher. Ce liquide est tellement précieux qu’on ne plonge pas directement le pinceau dans le flacon : mieux vaut prélever l’or avec une baguette ou un petit outil propre, puis le déposer dans un récipient séparé. Cela évite de contaminer l’or, de travailler plus proprement et de le garder plus longtemps.

L’or peut être brillant ou mat, mais dans les deux cas, son rendu dépend énormément de la manière dont il est posé.

  • Si la couche est trop fine, l’or ne développe pas assez de brillance.
  • Si elle est trop épaisse ou mal répartie, le rendu devient irrégulier.

La qualité du support compte aussi beaucoup : sur une surface poussiéreuse, grasse ou mal nettoyée, l’accroche sera moins bonne et le résultat moins net. Et bien sûr, la cuisson joue un rôle décisif. Si la température monte trop, l’or peut rougir ou noircir. Si elle est insuffisante, le décor ne se fixe pas correctement et le brillant n’est pas au rendez-vous.

Il faut aussi prendre au sérieux notre sécurité. Les produits d’or pour troisième feu contiennent des composés nocifs, notamment des particules métalliques lourdes. On ne travaille pas ça à la légère. Masque adapté, bonne ventilation, nettoyage rigoureux du matériel et du poste de travail : ce n’est pas une précaution optionnelle, c’est la base.

Les décalcomanies : un décor très précis, mais plus fragile

Les décalcomanies font souvent partie des techniques les plus accessibles en troisième feu, parce qu’elles permettent d’obtenir rapidement un décor net, précis, sans avoir à peindre à la main.

Elles sont très utiles pour transférer des images, des textes ou des motifs fins sur une pièce déjà émaillée. C’est d’ailleurs leur grand intérêt : tu gagnes en précision, tu évites les bavures, et tu peux reproduire un motif avec une régularité difficile à obtenir autrement.

Une décalcomanie se pose sur l’émail, donc elle reste un décor de surface. Elle est généralement moins résistante qu’un décor intégré sous émail, surtout face aux frottements répétés ou au lave-vaisselle. C’est un point important à avoir en tête dès le départ, surtout si tu travailles des pièces utilitaires.

Pour en savoir plus sur les décalcomanies, je te redirige vers l’article dédié !

La peinture sur porcelaine : la couleur en troisième feu

Quand on parle de couleur en troisième feu, on arrive très vite à la peinture sur porcelaine et aux lustres.

La peinture sur porcelaine consiste à appliquer des peintures ou lustres sur un émail déjà cuit, puis à les fixer par une cuisson basse température. Malgré son nom, elle ne se limite pas forcément à la porcelaine. Elle peut aussi être utilisée sur d’autres supports émaillés, comme certains grès ou certaines faïences.

Tu peux peindre des aplats, des dégradés, des traits fins, des détails très précis, des motifs répétés. Tu peux aussi superposer les couches, retravailler certaines zones, et construire ton décor progressivement. C’est une approche beaucoup plus proche de la peinture que de l’émaillage classique.

Certaines pièces sont ainsi travaillées en plusieurs passages au four pour superposer différentes couleurs, ajouter un noir, revenir avec un rouge, poser ensuite un or, puis retravailler encore certains détails. Le décor se construit couche après couche. C’est plus long, plus exigeant, mais cela permet d’obtenir une profondeur visuelle et une complexité qu’une seule cuisson ne permet pas.

Conclusion

Grâce au troisième feu, tu accèdes à une palette que les cuissons classiques ne permettent pas : rouges, roses, violets, noirs intenses, lustres, or, images. Tu gagnes en précision, en finesse, en contrôle. Tu peux corriger, superposer, enrichir une pièce après coup. Tu peux aussi aller très loin dans la construction du décor, en travaillant par couches successives. Le troisième feu demande de la rigueur. Les températures sont sensibles, les matériaux sont exigeants, les décors restent en surface et peuvent être plus fragiles selon les usages. Ce n’est pas une technique “facile”, c’est une technique précise. Et comme toujours en céramique, c’est la maîtrise des détails qui fait la différence.

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Sarah
Passionnée du tournage de poterie, je me suis donné un objectif : vivre de ma passion! Ce blog a pour but de partager avec vous mes recherches, mes réalisations, mes échecs et mes réussites. Bienvenue!
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