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İznik (style)

İznik occupe une place majeure dans l’histoire de la céramique ottomane. Ses ateliers se développent à partir de la fin du XVe siècle et leurs productions – célèbres pour leurs couleurs éclatantes et leurs décors raffinés – connaissent leur apogée au XVIe siècle, notamment grâce aux commandes de la cour ottomane et aux grands programmes architecturaux.

İznik, anciennement Nicée, est une ville d’Anatolie, dans l’actuelle Turquie, qui fut l’un des principaux centres de production de la céramique ottomane.

carte Iznik

Mémo

Lieu : İznik, Anatolie, Empire ottoman
Grande période : XVe-XVIe siècles
Apogée : XVIe siècle
Matière : pâte siliceuse claire
Technique : décor peint sur engobe blanc, sous glaçure transparente
Couleurs notables : bleu cobalt, turquoise, vert, rouge d’İznik et noir, sur fond blanc
Décors caractéristiques : tulipes, roses et rosettes, œillets, jacinthes, feuilles saz ; mais aussi motifs géométriques, animaux, bateaux ou personnages
Formes caractéristiques : hanap et sürahi, ainsi que plats et coupes
Autre production importante : carreaux de revêtement architectural

Une céramique à pâte siliceuse

Les céramiques d’İznik sont réalisées à partir d’une pâte siliceuse très claire, composée majoritairement de silice (quartz), associée à une fritte et à une faible proportion d’argile.

La pâte est recouverte d’un engobe blanc sur lequel le décor est peint, puis d’une glaçure transparente. Cet ensemble contribue à donner aux céramiques d’İznik leur aspect blanc et lumineux et à mettre en valeur les couleurs du décor.

À ne pas confondre avec la faïence

La céramique d’İznik peut rappeler la faïence par son fond blanc et son décor coloré, mais les deux techniques sont différentes. La faïence européenne est généralement constituée d’une pâte argileuse recouverte d’un émail blanc opaque, traditionnellement opacifié à l’étain. À İznik, les pièces sont réalisées dans une pâte siliceuse très claire, recouverte d’un engobe blanc sur lequel le décor est peint, puis d’une glaçure transparente.

Dans un cas, le fond blanc visible est principalement apporté par l’émail opaque ; dans l’autre, il est obtenu grâce à l’association d’une pâte siliceuse claire et d’un engobe blanc, protégés par une glaçure transparente.

Les couleurs d’İznik

Les premières productions sont principalement décorées en bleu de cobalt sur fond blanc, notamment sous l’influence des porcelaines chinoises.

La palette s’enrichit progressivement avec le turquoise, le vert et le noir. Au XVIe siècle apparaît le célèbre rouge d’İznik, un rouge intense, légèrement en relief, qui devient caractéristique des productions de la période classique.

La palette de couleurs la plus emblématique associe ainsi :

  • le bleu cobalt ;
  • le turquoise ;
  • le vert ;
  • le rouge d’İznik ;
  • le noir, notamment pour les contours ;
  • le blanc du fond.

Un décor principalement floral

Les céramiques d’İznik sont particulièrement reconnaissables à leur riche répertoire végétal et floral.

À partir du XVIe siècle, les compositions font une large place aux fleurs de jardin représentées de manière stylisée ou relativement naturaliste :

  • tulipes, souvent dressées sur de longues tiges souples et élancées ;
  • roses et rosettes ;
  • œillets ;
  • jacinthes ;
  • longues feuilles saz, effilées et dentelées.

Le décor floral polychrome est caractéristique de l’apogée d’İznik au XVIe siècle : tulipes, roses, œillets et jacinthes sur de longues tiges, associées au bleu, au turquoise, au vert et au fameux rouge d’İznik. Les fleurs sont organisées en bouquets, en rinceaux ou en compositions répétitives.

Une grande diversité de motifs

Son répertoire ne se limite cependant pas aux végétaux : on rencontre également, selon les périodes et les pièces, des animaux, des bateaux, des personnages ou encore des motifs géométriques. Cette richesse décorative contribue à faire d’İznik l’une des productions les plus reconnaissables de la céramique ottomane.

Des formes caractéristiques d’Iznik

Les ateliers de production d’İznik fabriquent une grande variété de formes destinées à la table, au service des boissons ou à des usages particuliers : plats, coupes, bouteilles, aiguières et récipients à boire, auxquelles s’ajoute une importante production de carreaux de revêtement architectural.

Parmi les formes que l’on rencontre, il y a notamment le hanap et la sürahi, détaillés ci-dessous.

Le hanap

Le hanap est une grande chope à boire, généralement de forme cylindrique et munie d’une anse.

Les hanaps d’İznik sont souvent richement décorés de motifs floraux et comptent parmi les formes caractéristiques de la production de la seconde moitié du XVIe siècle.

La sürahi

La sürahi est une bouteille ou carafe destinée au service des boissons.

Elle présente généralement une panse renflée prolongée par un col haut et étroit. Comme les plats et les hanaps, elle reçoit fréquemment un décor floral peint sous glaçure.

Les carreaux d’İznik

Les ateliers d’İznik produisent également de nombreux carreaux de revêtement architectural destinés aux mosquées, palais, mausolées et autres édifices ottomans.

Juxtaposés, ces carreaux permettent de créer de vastes compositions décoratives où se déploient tulipes, œillets, roses, feuilles saz, rinceaux et motifs géométriques.

La production d’İznik comprend donc à la fois des pièces de forme — plats, coupes, hanaps, sürahi — et une importante production de carreaux destinés au décor architectural.

Quelques autres styles et décors

Au cours de son histoire, la production d’İznik connaît plusieurs évolutions stylistiques. Parmi les appellations que l’on peut rencontrer :

Bol style "Baba Nakkas" Iznik The Metropolitan Museum of Art

Baba Nakkaş – Décor bleu et blanc de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, composé notamment d’arabesques et de motifs végétaux stylisés.

Bol style « Baba Nakkas » Iznik – The Metropolitan Museum of Art

Corne d’Or – Décor caractérisé par de fines spirales portant de petites feuilles et rosettes, surtout présent dans la première moitié du XVIe siècle. « Ce design contraste fortement avec les motifs floraux plus audacieux et moins sobres utilisés dans la majeure partie des céramiques Iznik survivantes. » – The Met

Plat style « Corne d’Or » Iznik – The Metropolitan Museum of Art

Plat style "Corne d'Or" Iznik - The Metropolitan Museum or Art
Carreau à motif "cintamani" Iznik

Çintamani – Motif emblématique de l’art ottoman, composé généralement de trois disques disposés en triangle, souvent associés à des lignes ondulées. Présent notamment sur les textiles et les céramiques, il apparaît sur certaines productions d’İznik, seul ou associé à des motifs floraux.

Carreau à motif « Cintamani » – The Metropolitan Museum of Art

Pour aller plus loin

Cette présentation t’aura donné un aperçu de la beauté et de la richesse des productions d’İznik, mais elle est bien loin d’être exhaustive. Au fil des périodes, les céramistes ont développé une grande variété de formes, de palettes et de décors.

Si tu souhaites en savoir plus, observer les pièces dans le détail et découvrir toute la diversité de cette production, je t’encourage à explorer les remarquables collections du Musée du Louvre et du Metropolitan Museum of Art.

C’est aussi une excellente manière d’aiguiser ton regard et d’apprendre à reconnaître les formes, les motifs et les évolutions stylistiques qui font toute la singularité des céramiques d’İznik.


Et si tu veux aller plus loin dans ta connaissance de l’histoire de la céramique, je te recommande ce Café Poterie avec Virginie Armellin – autrice du livre de référence « Histoire de la céramique : Les grandes civilisations »

SOMMAIRE DE LA VIDÉO

  • 00:00​ Introduction
  • 02:00​ Présentation de Virginie Armellin et de son travail
  • 20:48 La Préhistoire
  • 27:45 L’Antiquité
  • 45:40 L’Extrême Orient
  • 01:00:13 L’Islam
  • 01:09:45 L’Afrique Sub-saharienne
  • 01:14:20 L’Amérique précolombienne
  • 01:18:02 Histoire de la céramique – tome 2 : L’Europe
  • 01:24:00 Les sources d’inspiration de Virginie
Sources iconographiques
Table des matières
Progresse et évite
les erreurs de débutants